D’une pensée l’autre

mercredi 6 juin 2007
par  lp 95
popularité : 1%

Le Conseil d’Etat vient d’annuler la circulaire des ministres de l’Intérieur et de l’Education de 2005 qui organisait le financement par les communes de la scolarisation d’enfants inscrits dans une école privée d’une autre ville.

De très nombreux conseils municipaux avaient décidé de refuser cette mesure découlant de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, dénoncée par l’association des Maires de France, et qui entérine les accords Lang/Cloupet de 1992 et aggrave les fuites de fonds publics vers l’enseignement privé en imposant aux communes de nouvelles charges financières, au mépris du principe républicain qui veut que les fonds publics n’aillent qu’à la seule Ecole publique..

Cette décision d’annulation fait suite à une requête du CNAL qui portait sur la circulaire elle-même et non sur l’article 89 dont nous réclamons toujours l’abrogation. L’article 89 (voir le site de la Fedération nationale à ce sujet) est toujours en vigueur, et le problème reste entier, voire pourrait s’aggraver, si une nouvelle circulaire était imposée.

Ceci dit, cette décision n’est pas négligeable

Bien évidemment, ce qui est vrai pour les écoles privées situées hors du territoire des communes concernées, est vrai pour l’ensemble des écoles privées. C’est d’ailleurs ce que réclamaient un certain nombre de municipalités qui ont déjà suffisamment de mal à maintenir une école publique sur leur territoire du fait des mesures régulières de fermetures - mesures de fermetures qui ne sont d’ailleurs pas sans rapport avec les directives de l’Union européenne et la "réduction des déficits publics".

Le mot d’ordre est et reste :

FONDS PUBLICS A L’ECOLE PUBLIQUE, EXCLUSIVEMENT !

Notre République est une République laïque.

C’est ce caractère laïque que l’Union européenne, relayée par des "infiltrés" à tous les niveaux - même les plus élevés - , voudrait voir disparaître car antinomique avec ses traités et directives.

Nous ne jetterons pas le bébé avec l’eau du bain : Ce n’est pas parce que la loi de 1905 et les lois scolaires fondatrices de la République sont victimes d’agressions de plus en plus marquées, que nous allons accepter qu’on renonce à ce qui a permis la scolarisation de la très grande majorité des Français et de tous les enfants résidant en France, d’une part - et ce qui a permis d’instaurer la paix religieuse dans ce pays depuis plus de cent ans, d’autre part.

Les partisans de la séparation des Eglises et de l’Etat regardent vers la France. Ils s’étonnent d’entendre ici et là dire que si la France n’avait pas de loi de 1905, cela ne changerait rien. Et qu’en tout état de cause cette loi mériterait d’être retravaillée, révisée, sous prétexte que les conditions auraient, paraît-il, changé, que le "fait religieux" serait devenu incontournable, qu’il faudrait intégrer toutes les communautés à la République.

Dans leur propre pays, ils se battent pour obtenir que les Eglises n’attirent plus à leur profit les fonds publics, qu’elles ne se cachent plus derrière la loi pour empêcher de penser librement (le délit de blasphème existe presque partout en Europe [1]), pour que - comme en France, la religion soit considérée comme une affaire privée non financée par les fonds publics, que c’en soit enfin fini avec ces privilèges d’un autre âge..

Si la loi de 1905 était abolie ou amoindrie : ce serait un recul pour l’ensemble de l’humanité.

Bien évidemment, nous ne prétendons pas que tous les pays doivent appliquer une loi de 1905 : chacun a son histoire et chaque peuple devra décider par lui-même.

[(Mais, la République ne peut se construire sur les communautés. Elle ne peut reconnaître que des citoyens égaux devant la loi.)]

La religion ne peut être qu’une affaire privée - et les Eglises ne sauraient remettre en cause - y compris pour leurs propres adeptes - des droits qui sont reconnus pour tous.

De même qu’elles ne sauraient imposer à tous des obligations qui se fondent sur leurs croyances privées.

Il s’agit bien plutôt de rendre notre République plus républicaine, que l’égalité de tous devant la loi soit maintenue sans aucune dérogation de quelque ordre que ce soit.

Que les richesses ne soient pas pas confisquées par quelques uns.... et qu’on en finisse avec l’Europe vaticane.

[(C’est NON au communautarisme, OUI à la Liberté, l’Égalité, la Fraternité.)]

[/Claude Singer/]

[/président de la fédération du Val d’Oise de la Libre Pensée/]


[1à l’exception de la France et de la Belgique


Agenda

<<

2017

 

<<

Juillet

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
262728293012
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 3 prochains mois